Tempête du 18 janvier 2007
bilan et conséquences sur la forêt de Soignes de la tempête du 18 janvier 2007
Les tempêtes sont plus fréquentes que par le passé. Celles de janvier et février 1990 sont encore très présentes dans nos mémoires. Le vent souffla à plus de 140km/h. Et en Soignes, elles occasionnèrent des dégâts importants : plusieurs dizaines d'hectares de forêt furent transformées en clairière et de nombreuses saignées fracturèrent la vieille hêtraie. De l'avis des anciens, " Pour Soignes, il y eut un avant et un après 1990 ". Notre hêtraie ne sera plus jamais comme avant…
Au cours des années qui suivirent, les vents plus ou moins forts ne manquèrent pas de s'engouffrer dans ces saignées, emportant sur leur passage de nouvelles victimes et écartelant encore un peu plus la vieille hêtraie.
En ce début d'année 2007, l'Institut Royal de météorologie (IRM) annonça trois avis de tempête (vents de force supérieure à 100km/h) : 11 et 18 janvier et 28 février . Pour l'après-midi du 18 janvier , les vents annoncés pouvaient atteindre des vitesses de 120km/h. La procédure tempête fut ainsi déclenchée : fermeture du Bois de la Cambre, du parc de Tervuren et de la Forêt de Soignes (à partir du pont de Groenendael jusqu'à l'avenue de Lorraine et la chaussée de Waterloo). Les automobilistes se souviendront longtemps de cette soirée du 18 janvier 2007 !
Le lendemain, les services forestiers des trois régions tiraient un premier bilan de cette tempête : plus de 1.200 arbres épars (majoritairement des hêtres de grosse dimension) basculés par le vent, dont certains au travers des routes fermées à la circulation des voitures (avenue Dubois, drève de Bonne Odeur, drève de la Plaine…). Heureusement, aucune victime ne fut à déplorer. Que des dégâts matériels à des maisons installées trop proches de la forêt !
Renseignement pris auprès de l'IRM, la vitesse des vents enregistrée à la station de Uccle n'a finalement pas atteint les 105 km/h ! On n'ose pas imaginer les dégâts qui seraient survenus si le vent avait soufflé plus fort.
En se promenant en forêt, les promeneurs peuvent encore observer, par-ci par-là dans le massif, ces géants au pied d'argile jonchant le sol. Certains sont déracinés, d'autres ont été cassés par le vent !

Environs la moitié de ces arbres ont été vendus, dans le cadre d'une vente publique par soumissions cachetées, à des exploitants forestiers qui les transformeront en planches, panneaux multiplex… pour les plus beaux ou en bois de chauffage.
Les arbres laissés au sol joueront un rôle essentiel pour l'écosystème forestier. Ils abriteront, au fur et à mesure de leur décomposition, une abondante biodiversité (mousses, champignons, insectes…). Ce bois mort contribuera également au maintien de la fertilité des sols en régénérant l'humus et en libérant progressivement des éléments nutritifs. Le maintien du bois mort en forêt est ainsi un acte de gestion nécessaire à la bonne santé de la forêt.
Malheureusement, les dommages de cette tempête ne se limiteront pas aux arbres renversés ou cassés. Les arbres chablis ont agrandi ou créé de nouvelles trouées dans lesquelles le vent ne manquera pas, dans les années à venir, à s'engouffrer. Et lors de son passage, de nouveaux arbres seront emportés… On peut citer ici l'exemple typique de l'échangeur Derscheid dont la création par les travaux publics a entraîné une ouverture dans la lisière sud-ouest du massif, la plus fragile aux vents dominants. Depuis, à chaque coup de vent, on assiste à la même partie de dominos. Pour contrer ce désastre, les coupes de régénération sont conduites en remontant contre les vents dominants, c'est-à-dire à partir du nord-est de cette coupe.
Enfin, un autre problème se posera dans les prochains mois : l'apparition de coups de soleil sur le tronc des hêtres nouvellement exposés aux rayons du soleil. En quelques années au plus, le cortège des pathogènes (champignons, insectes…) colonisera ces arbres condamnés, eux aussi, à disparaître.
Là où la tempête passe, les arbres trépassent…

Ir. Stéphane VANWIJNSBERGHE
Ingénieur - responsable de sous-division
Bruxelles environnement - IBGE
Division Nature, Eau et Forêt
Sous-division Forêt
Ir. Patrick Huvenne
Houtvester
Agentschap voor Natuur en Bos
Houtvesterij Groenendaal
Ir. Jean-François Plumier,
Ingénieur - Chef de Cantonnement.
MRW - DGRNE
Division de la Nature et des Forêts
Direction de Mons
Cantonnement de Nivelles

