La Mort fait la Vie, aussi en forêt de Soignes!
« Il y a de la vie, il y a de la vie après la mort »… En forêt de Soignes, une équipe de chercheur nous montre toute la beauté incluse dans la mort et son utilité pour l’écosystème.
Il y a une vingtaine d’année tout arbre et branche morts devaient disparaître
de nos forêts.
Aujourd’hui, nous visitons les réserves forestières pour
admirer ces bois morts et l’incroyable biodiversité qu’ils abritent.
Les mots « corps d’arbre », « ruine d’arbre »
et « réserve forestière intégrale » sont nés.
Tout comme le bois mort a une influence positive sur la
présence de pics, des champignons et des scarabées, les animaux morts ont un
impact sur des espèces telles que le renard, le sanglier, la martre et, pour les
observateurs attentifs, également pour une très grande diversité d'insectes et
parfois de champignons.
Pourtant, comme le bois jadis, aujourd’hui encore les carcasses des grands
mammifères devaient être éliminées de nos espaces naturels et forestiers.
Les animaux morts souffrent encore d’une mauvaise image. Ils sont qualifiés de
« dégoûtants» ou associés à des maladies infectieuses. Et il en va de même
pour les espèces animales qui font partie de l'ingénieux système de nettoyage
naturel.
Heureusement, lentement mais sûrement, nous apprenons que
ces organismes ont leur place dans un écosystème naturel. Et quelques rares recherches sont entreprises
sur organismes que les cadavres attirent sont encore rares.
La forêt de Soignes est un terrain propice à l’étude du cycle naturel de la
décomposition.
En effet, elle est située au sud-est de Bruxelles et est traversée par de
nombreuses routes, y compris par le Ring. Elle abrite de grands mammifères comme
des chevreuils, des renards et des sangliers.
Et on y trouve des conditions locales variées : terres sèches ou plus
humides, une hêtraie, des chênes, et également quelques conifères.
Dans le cadre de chaque étude d’une décomposition, il est
important de prendre note des situations locales.
En 2008, une recherche été lancée en forêt de Soigne en collaboration avec le Collège néerlandais « ARK Natuurontwikkeling, Staatsbosbeheer en Natuurmonumenten ». En 2009, l'Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) est également devenu partenaire de ce projet.
L'objectif du projet en forêt de Soignes est
-
de faire un suivi des espèces ;
-
d’accroître la biodiversité dans le cadre du projet européen « objectifs régional de conservation »(G-IHD) de la Région flamande ;
-
et de familiariser le public avec la présence d’animaux morts dans la nature.
En outre cette étude, permet de mieux situer où les collisions avec la faune se passe et ainsi de pouvoir mieux situer l’emplacement de l’ecoduc.
Dans la première phase de décomposition, seules les observations à vue d’œil
sont opérées par l’équipe de recherche soit avec des caméras soit par des visites
sur place. Ceci uniquement pour des espèces « grandes et faciles » à
identifier.
A partir de la deuxième phase, le INCC devient un partenaire actif dans la recherche. Comme sur chaque scène de crime, il prélève des échantillons pour trouver des traces. Ici ils analysent les déterminants entomologiques en lien avec leurs études sur les restes humains.
Un grand nombre de disciplines criminalistiques différentes jouent
un rôle dans cette recherche, à chaque fois il faut faire attention à ne pas
abîmer le lieu de recherches pour les autres enquêteurs. La coordination entre
les différentes intervenants est donc essentielle.
Une caractéristique importante des échantillons prélevés est qu’ils sont
vivants! Il est donc impossible, comme pour les autres enquêtes, de stocker ces
indices et les retravailler une fois l’enquête plus avancée. Les échantillons
doivent être immédiatement et entièrement étudiés, le tout en provoquant le
moins de stress possible pour les insectes.
rendre le INCC à bord de cette recherche permit un grand pas en avant dans la
recherche !
Selon le lieu où se trouve le cadavre (forêt dense ou ouverte), le moment de la
mort (hiver froid ou été chaud), la température local, la méthode de recherche,
l’implication ou non de grands charognards et donc l’apport d’oxygène qui
accélère la dégradation... le processus de pourrissement et le nombre d’espèces
présentes peuvent fortement varier.
Dans le cadre de la recherche en forêt de Soignes, des caméras automatiques ont
été utilisées qui produisent des images et des films. Les images sont prises de
nuit comme de jour. Dès qu’un mouvement autour du cadavre est enregistré par
l’appareil, celui-ci photographie le visiteur.
Des thermomètres qui enregistrent toutes les heures la
température ont également été utilisés.
Chaque semaine, les chercheurs vont voir le cadavre afin de prendre note des
espèces identifiées et leur nombre.
Il fut décidé de partager le fruit de cette recherche avec le grand public.
Ceci se fait par la rédaction d’articles dans des journaux, par des visites pour le public, et une présentation
des résultats le 1 novembre 2009.
Le 8 Juillet, une visite de terrain avec pour thème « la mort fait la vie,
également en forêt de Soignes » pour les trois gestionnaires - l’ANB
(Région flamande), Bruxelles Environnement (Région de Bruxelles-Capitale) et la
DNF (Région wallonne) ; l’après-midi le parcours fut ouvert au public.
Pour aller plus loin
- Le projet « La mort fait la Vie » peut être suivi sur Internet à l’adresse www.dooddoetleven.nl (uniquement en néerlandais ou en en anglais)
- Vos réactions/questions sont les bienvenues au près de Dirk Raes, garde forestier à l'Agence pour la Nature et des Forêts de la Région flamande : dirk.raes@lne.vlaanderen.be
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Le processus de dégradation des animaux se découpe en 5 phases.
1ère étape : la phase fraîche
En premier lieu apparaissent des petites mouches et des coléoptères à bouclier
court. La mouche à viande verte est parfois déjà présente dans l’heure après la
mort.
2ème phase : la phase d'inflation
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Les mouches pondent leurs œufs dans le cadavre encore frais. Les ouvertures dans le corps sont les endroits prisés pour y placer les œufs. Rapidement, apparaissent les asticots et arrivent les staphylins, les coléoptères miroir et les premiers nécrophages avec le gonflement du corps du à la formation de gaz. En fonction de la température, la dégradation bactérienne démarre plus ou moins 3 jours avant la gazéification.
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3ème étape : le début de la pourriture
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Les mouches et les asticots sont présents en grand nombre et les larves de charognards apparaissent. Lorsque de grandes ouvertures ont été faites et donc que le taux d’oxygène a fortement augmenté, le nombre d'insectes nécrophages croit fortement. Entre temps les larves de la première phase sont devenues adultes et sont pourchassés par des insectivores (hérissons, araignées, oiseaux). |
4ème étape : la fin de la décomposition
Beaucoup de larves et de coléoptères charrions adultes, de coléoptères miroir sont présents.
Si de grands charognards ont accès au cadavre, au bout de 6
jours il ne reste plus que entre 15 à 20% de son poids initial. Après 3 à 9
semaines, le corps est entièrement démembré.
Quand il n'y a pas grand charognards, tels que le renard, le sanglier, le
blaireau ou le corbeau, après 1 à 2
semaines le poids du corps pèse encore 75% de sa masse initiale.
5ème étape : le stade sec
Dans cette dernière étape (après 12 à 14 semaines), le corps se dessèche, les larves des mouches quittent la carcasse et le temps est venu pour des espèces telles que le bacon coléoptères, nécrophages. Il ne reste que les os et la peau sur lesquels vivent des spécialistes tels le champignon sabot.
Les os restant sont appréciés pour remplir les besoins en calcium et en phosphore des autres animaux. Ceux-ci éparpillent alors les os sur le territoire.
Et on ne voit plus rien de l’animal mort il y a à peine 3-4 mois si ce n’est tout un écosystème qui en a bien profité !
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